dimanche 20 mai 2007

Verdoyante Bobo!

Du 7 au 10 mai…

Jour 1: Départ

Tout excitées de notre départ vers Bobo, la ville verte, nous prenons le car pour un petit 5 heures de route… A mi-chemin, escale « fraîcheur » à Boromo qui s’avère un peu plus longue que prévue, les 5 minutes deviennent 60 minutes.
Cause : bris mécanique… Trouver la pièce, dormir un peu sous le car pour notre mécano et placer la pièce. Travail laborieux pour ces chers Burkinabés ! Allez hop ! Dans le car remis à neuf, sur une route de plus en plus caillouteuse. Et oui ! La pièce tombe… Une fois STOP ! Deux fois RESTOP ! Jamais deux sans trois RERERESTOP ! Cela nous permet quand même d’admirer les paysages et tous les gens qui sortent « pisser » à côté du bus. Arrivées à Bobo quelques 9 heures plus tard, la super famille d’Isa (la déesse du couper-décaler) nous accueille. Ah ! Bobo ville verte, douche au seau et pipi dans le trou avec les cafards…

Jour 2: Escapade aux environs de Banfora

Banfora nous attend. Au rendez-vous: les pics de Sindou, les hippopos et les cascades. Mais le temps nous manquera. A cause de quoi déjà ? Ah ! Oui, pas une, mais deux crevaisons !! Normal : la route est faite pour un 4x4 ou un 4 roues, mais pas pour une minable bagnole vieille de 20 ans. On part 6 assis plus le chauffeur vers les pics de Sindou. La route a valu le coup. Les pics sont impressionnants ! Ca nous fait du bien, on respire, on s’énerve un peu, beaucoup de photos, pique-nique et hop ! On continue ! On saute par-dessus les hippos et on va aux cascades question de se rafraîchir. On traverse une « route » au milieu de champs où les femmes labourent en plein soleil. Les africains sont travaillants ! Encore des beautés naturelles, forêts, pierres, chutes et baignades. Agréable après-midi…


Retour à Banfora petite bière pour terminer la journée !

Jour 3:Down Town Bobo

Taxi jusqu’à la mosquée ! On marche tout tranquillement quand tout à coup, sans trop savoir ce qui se passe, Sarah tombe, Anne-Marie aussi suivie de Caro, effet domino ! Mais c’est une mobylette qui nous a rentré dedans ! Sarah a eu le guidon dans le dos. Finalement, petits bobos chacune à l’orteil droit. On part la mode des pansements blancs, nous avons de la chance dans cette malchance. Au moins notre journée n’est pas gâchée ! On visite la grande mosquée et la vieille ville. Petites ruelles, dames aux milles couleurs, vivement l’Afrique au quotidien ! Marché de Bobo hallucinant, tissus, calebasses peintes, bouffe, masques, etc. Tout, tout, tout, même des bonbons au coco et des mangues séchées…

La nuit tombée, chacune sur notre mobylette (derrière les chauffeurs!), en route vers les maquis dansants de Bobo avec les amis d’Isa ! On coupe et décale sous les chansons plus originales les unes que les autres… Caro réalise qu’elle adore le reggae, oui, oui, elle adore le reggae, elle nous l’avoue les yeux brillants et l’écume aux lèvres.

Jour 4 : Retour vers Ouaga

On manque le bus.. Bien sûr, les malheurs continuent… On retourne au grand marché de Bobo pour tuer le temps… L’abus de mangues séchées permet à Sarah de visiter toutes les toilettes du quartier plus remplies les unes que les autres de ses amis les vers blancs. Finalement, le bus arrive… grosse ride jusqu’à Ouaga avec un chauffeur fou. Arrivé chez nous, Ouaga nous sourit avec un 42 degrés affiché, le soleil est presque couché, il est 17h…


Bobo nous a rafraîchies de l’école, juste avant le burn-out commun de trois jeunes enseignantes. Congé bien mérité !!! A l’attaque de notre dernière semaine complète d’enseignement…


Sarah, Anne-Ma et Caro!

dimanche 6 mai 2007

Les hauts et les BAS de l'école africaine...


Depuis maintenant un mois, les 90% de notre vie ouagalaise sont consacrés au merveilleux monde éducatif africain.




Donc, dans la chaleur écrasante du mois d'avril et maintenant dans celle du mois de mai, nous nous rendons du lundi au mercredi puis les vendredi et samedi au complexe scolaire Bangré pour 7h30, dans le but (naïf) d'en faire connaître plus aux écoliers...


Jusqu'à midi (petite pause vers 10h00)* nous enchaînons leçon par dessus leçon... Grammaire, orthographe, élocution, géométrie, etc. Aller les enfants, gobez! Ah! Vous avez des questions, vous ne comprenez pas? Dommage, on n'a pas l'temps. Next, on passe à autre chose.



*La récré... 10h00 à 10h30! Yahoo! Eh non, souvent les élèves doivent recopier les résumés des leçons parce qu'il est impossible d'enseigner une nouvelle notion en 30 minutes... (Le retour, l'exposé, la compréhension, l'application et le recopiage...)


Pause lunch bien méritée de 12h00 à 15h00 (la chaleur est trop intense pour être actif et pour réfléchir...)

15h00 à 17h00, d'autres leçons... 30 minutes de géographie, 30 autres d'histoire, un peu de chant si on a le temps!


Le stage burkinabé nous procure beaucoup d'émotions et surtout de la frustration.
Frustration parce qu'il n'y a pas de matériel et que les élèves perdent un temps fou à s'échanger les bics;
frustration parce que les élèves parlent toujours;

frustration parce qu'ils n'écoutent pas;

frustration parce qu'ils ne comprennent pas;

frustration parce qu'ils n'ont pas de logique;

frustration parce que l'horaire est ridiculement fait;

frustration parce la planif sans guide ou cahier est loooooooooonnnnnngue et dure à construire;

frustration parce que les élèves osent nous dire qu'ils préfèrent les leçons à la fête....ben oui!

C'est faux comme nos maîtres associés disent si bien!




Nous avons l'impression de faire face à des ordinateurs mal programmés (merci Sam!). On remplit les élèves d'infos nouvelles qu'ils traitent très mal! Résultat, tout est à recommencer.

Nous qui croyons être là avec nos plus beaux sourires et notre goût d'apprendre... Disons que l'air bête nous rattrape assez vite! Quand tu as l'impression de parler à un mur ou en chinois la moitié de la journée... On vous le dit... C'est très choquant!



Quand le 2/4 dorment, le 1/4 comprend que dalle à ce qui se raconte en avant, il n'en reste pas beaucoup qui emmagasinent et qui appliquent...
Un gros paquet d'inconscience... L'inconscience que ce n'est pas normal de se faire frapper... L'inconscience de ce qu'il y a à l'extérieur des murs du "programme"... Qu'est-ce que c'est l'espace? Qu'est-ce que c'est l'imagination? Qu'est-ce que c'est un artisan? Inconscience du pourquoi même ils sont à l'école, pourquoi ils apprennent ceci ou cela... Le POURQUOI de toute façon ce n'est pas une question qu'ils connaissent parce qu'ils ne posent pas de question... Question de rester dans l'inconscience, l'incompréhension... L'envie de tout laisser tomber, de brasser les élèves et de crier: "Réveillez-vous merde!!!"

Nous qui croyions qu'enseigner en Afrique était valorisant, avec tous ces enfants les yeux écarquillés qui vous regardent avec le goût d'apprendre... NON et non... Dommage pour nous, dommage pour eux...

Malgré tout versus l'incompréhension de beaucoup de choses, nous comprenons le peu de moyens, de matériel, de services, le trop grand nombre d'élèves dans les classes, le programme mal fait, le trop peu de ressources, nous comprenons l'impossible de faire plus, de faire mieux... Il faudrait tellement d'argent et de temps, beaucoup trop de temps...


Un petit sourire par ici, un grand rire par là, un bonjour, un regard pour finalement terminer nos journées exténuées, mais avec le courage de se lever et de tout recommencer...

Bref, UP AND DOWN constants depuis le début de notre stage et pour encore quelques semaines... Pour en sortir grandies, vidées, mais heureuses de notre choix, pouvoir le voir, le vivre puis comprendre en partie cette AFRIQUE, ce monde à part dans un univers énorme, insaisissable... C'EST TOUT DE MEME MERVEILLEUX!!!

Les maîtresses de Bangré toujours fidèles au poste



*** Prochaine aventure: A la découverte de Bobo-Dioulasso...